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Page 1

RECUEIL
DE

TRAVAUX RELATIFS
A LA

P H IL O L O G IE ET A L’A R C H É O L O G I E

É G Y P T I E N N E S E T A S S Y R I E N N E S

POUR SERVIR DE BULLETIN A LA MISSION FRANÇAISE DU CAIRE

FTJBI.ITT; SOUS I.A. DIRECTION DE
G. MASPERO

MEMBRE DE L'IN STITUT, PROFESSEUR AU COLLÈGE DE FRANCE, DIRECTEUR D’ÉTUDES A L'ÉCOLE PRATIQUE DES HAUTES ÉTUDES.

ONZIÈME ANNÉE.

PARIS,
É.MILE BOUILLON, LIBRA IRE-ÉDITEUR

67, Rue R ichelieu, 67.

SI DCCC LX X X IX .

/

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Page 108

1 0 4 É t u d e s u r l e s p r é c e p t e s d ’A m e n e m h a t 1 “ .

extérieures de l'Égypte, celui-là doit désigner l’intérieur. Donc nulle difficulté. Il en est de
même du vers suivant. Le mot ° ' "f, au passif, veut certainement dire, armé de la
khopesh : j e f u s à me p o r te r arm é de la khopesh su r les fron tières. La répétition du même
mot dans le dernier vers donne lieu au contraire à une assez grande difficulté. Il y faudrait
voir le même sens si nous y avions le mot mais il n’y est pas. Rien ne serait en effet
plus facile que de traduire : Je me portai aux frontières armé de la lchopesh, et je n’y trouvai
personne armé de la lchopesh; mais, cela ne signifierait rien, et, je le répète, le suffixe ̂
n’est pas dans le texte. Il faut donc s’en tenir à l’orthographe existante, et au sens primitif
du mot tuer, combattre avec la khopesh. De ce sens on tire le nom d’agent, avec les déter-
minatifs de l’homme et du pluriel. Il y a évidemment ici une allitération voulue, c’est le seul
exemple. Pour la rendre en français d’une manière similaire on pourrait dire : Je me portai
aux frontières armé du sabre, et il n’y eut point de sabreurs dans mes expéditions, c’est-
à-dire, et en toutes mes expéditions je ne fus pas sabré. C’est ce que je me suis effacé de
rendre dans ma traduction, en adoucissant quelque peu l’allitération brutale du texte. Je
dois maintenant expliquer le sens d ’apparitionsque j'attribue au mot Ce sens
m’a été fourni par M. Virey d’après un exemple du tombeau d’Amenemheb à Gournah. Dans
ce tombeau, qui date du règne de Thouthmès III, il est parlé d’une expédition contre un
peuple que le pharaon a razzié : Amenemheb le suit et voit son maître -
'^37 o l l l l o : dans toutes ses apparitions sur les frontières, mot-à-mot clans tous
ses devenirs sur les frontières. L’inscription continue ensuite par le récit et le résultat de

-n #V AAWSA ̂ n f \S \S ) WAAA n
l’expédition qui est ainsi résumé : ̂ ̂ ( ^ ̂ ^ ® | cv^ : je vis
toutes ses vaillances au pays de Takhsi. L’emploi de ce mot rapproché du mot frontièret,
comme dans cette strophe, indique bien l’apparition soudaine du pharaon. D’ailleurs ce sens
est très voisin de celui de transformation; mais comme le mot transform ation implique d’ha­
bitude un sens mystique, j ’ai cru devoir le remplacer par celui d’apparition entendu comme
je l’ai expliqué. Cette strophe me semble la moins élevée du morceau : je ne serais pas
étonné qu’elle parût l’une des plus admirables aux poètes égyptiens.

J’attirerai enfin l’attention sur la disposition de la strophe, disposition déjà mentionnée
plus haut.

0 i o0 /01 I I

XI.
AAAWA J

n o O _
1) Pap. Sali. II : H orthographe pen commune. — Pap. Mill. : __

s jr .p .s ., , .
3) Le signe ^ n’est pas certain, on le pap. Sali. II en donne une forme hiératique extraordinaire,

l’ai transcrit d’après l’orthographe habituelle du mot. — Le pap. Mill. n’a pas l’article
4) Pap. Mill. : ^ ^ : P°*nt d’affamés en mes années, ce qui est beaucoup

)lus compréhensible que l’autre leçon.
5) Le pap. Mill. finit avec la moitié de ce mot ( j j . Le reste existe sans doute, mais n’a pas

;té publié et l’on ne sait pas où se trouve le papyrus.

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É t u d e s u r l e s p r é c e p t e s d ’A m e n e m h a t I e r . 1 0 5

# $ ■ *

J e fis (produire) du blé, étant l ’ami de Népra; 1 j e fis des adorations, (et) le Nil cou­
vrit toute terre ;41 il n’y eut point d ’affamé grâce à moi, personne n’eut soif, grâ ce à m o i;3
(ca r) on était constant â agir pour moi selon les ordres que j e 4 et j e donnai tou­
jo u r s des ordres parfaits. *

Cette strophe exprime clairement ce que le roi fit pour l’agriculture dans le pays d’É-
gypte. Népra récompensa sa dévotion par d’abondantes récoltes, Hapi par d’abondantes inon­
dations. Une fois la révolte soumise, l’Égypte fut heureuse sous son sceptre; elle se montra
obéissante à ses ordres et lui-même, Âmenemhât, ne commanda jamais que selon la justice
et pour le bien de ses sujets. On peut voir qu’ici encore toutes ces pensées sont exprimées
en style poétique voulu et sous des images cherchées, quoiqu’elles fussent d’un usage cou­
rant en Égypte.6

Le sens analytique de cette phrase n’offre pas de difficultés : tous les mots sont connus
et sont employés dans leur sens propre. Je ferai cependant observer dans les deux premiers
membres le parallélisme et la manière dont il semble renversé. Dans le premier membre, la
construction est simple : Je fis des blés, aimant Népra. J’ai pensé à traduire chéri de Népra,
mais il me semble que si cette traduction était la vraie, le mot meri se trouverait rejeté
après Népra, comme cela a lieu dans tous les protocoles royaux. Une seconde raison m’a
fait choisir la première traduction, c’est que dans le cas où il faudrait traduire par chéri de
Népra, ce membre de phrase n’aurait plus son parallèle dans l’hémistiche suivant. An con­
traire avec ma traduction, le parallélisme existe : comme il y a une action du roi dans le
premier, il y en a une dans le second : je fis des adorations; Hapi (fut) à couvrir tonte
terre. Comme je le disais tout-à-l’heure, il y a ici un parallélisme que j’appellerai renversé.
En effet dans le premier hémistiche, l'action du roi envers le Dieu est au second plan ; dans
le second elle est au premier, et la phrase en reçoit un mouvement plus rapide, plus serré,
et par conséquent plus poétique au point de vue de l’auteur.

Dans le second hémistiche, je prends le verbe ^
propre, qui est si bien désigné par le déterminatif employé, c’est-à-dire dans le sens d’em-

brasser : le Nil embrassa toute terre, couvrit toute terre de ses eaux. Je n’aurais pas d’ob­
servation à faire sur les trois hémistiches suivants, si je n’y trouvais rejetée trois fois la
préposition suivie du suffixe de la première personne. Cette préposition pourrait, je
crois, se traduire dans les deux premiers cas de plusieurs manières : sous moi, où j ’étais,
parmi moi, en moi, c’est-à-dire pris de moi, selon la manière égyptienne de parler. Dans le

1) Mot-à-mot : aimant Népra.
*2) Mot-à-mot : embrassa.
3) Mot-à-mot : en moi. J’ai déjà noté la leçon dn pap. Mill. qui me semble préférable, mais qne je

n’ai pu faire entrer dans le texte.
4) Mot-à-mot : on fut restant à l’état de faisant pour moi selon les choses dites par moi.
5) C’est-à-dire des ordres justes et excellents; mot-à-mot : des ordres pour le lieu complet.
6) On peut voir notamment la stèle du Louvre C 105.
R*cn«il, xi. 14

( j dans son sens primitif et

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L e s t e x t e s c u n é if o r m e s , e t c . 2 1 1

Face

Revers

25 nin an. ki a nam 25 belit muèimat ôamê ir-
dame ciel terre chose déesse qui fixes les destins du ciel et

26 tar ri ne 26 sitim
fixer de la terre,

27 an nin tu 27 Belit talitti
dieu dame naissance Belit Talitti (Dame des naissances),

28 mal 4 - an dingir - ri- 28 um ilâ*
mère dieux mère des

29 ne kit 29 ni
de dieux,

30 ka DE a 30 (ia) Munambu
Mounambou (de) Mounambou,

31 LU E r u a ka'*8 31 banu bittaka
homme maison construisant ton constructeur de ton temple,

32 nam ti la ni 32 balatièu
chose vie sa sa vie

33 mu bu 33 labiri
allonger prolonge,

34 mu ku mu na 34 (ana) iumi
nom à il (de ce) nom

35 SA 35 ibbi
nommer il l’a appelée (la statue)

36 E a mu na 36 (ina) biti ii-
maison il (dans) le temple

37 ni ium 37 kun
lui donner il le lui a consacrée,

I n s c r ip t i o n № 14. (Pl. XXIX, 1.)

1 an dun ia S* 1 (ana) ili Etil libbi
dieu fort cœur (Au) dieu au cœur fort,

2 DU ki ram 2 maru naram
fils aimé fils aimé

3 an nin Oir-su . 3 ili Bel Girsu
dieu seigneur Girsou • du dieu Bel Girsou,

4* gai + l u a ni 4 iarriiu
roi sien son roi,

5 ka DE a 5 Munambu
Mounambou Mounambou,

6 pa te si 6 iiiak
prince prince

7 Sir bur la ki kit 7 Lagaii
Lagai lieu de de Lagaâ,

8 E ki ku sib (?) 8 bit aiar Subat
maison siège pasteur i la maison lieu de demeure

.9 ni ni 9 ri ilâni
dieux du pasteur des dieux

1 0 mu na RU 1 0 ibnn
il faire a construit.

(Sera continué.)

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2 1 2 T o ut-a n k h -a m e n , p i l s d ’A m é n o ph is I I I .

l ö
o ö V'\> a d — J2r* Vi»wyQ

TOUT-ANKH-AMEN'. FILS D ’AMÉNOPHIS m.
pah

V ic t o r L o r e t .

Il existe au Britisk Muséum, sur un monument historique fort connu, une mention très
importante qui me paraît avoir échappé à l’attention des historiens de l’Égypte antique.1
C’est un lion couché découvert au Gebel-Barkal, devant le temple qu’Aménophis III y con­
sacra au dieu Amon. Les inscriptions qui décorent la poitrine, les flancs et le socle de ce
lion ont été publiées, entre autres, par C. L eemm axs ‘l et R. L e p s iu s . 3 Il est dit formellement,
dans la légende qui entoure le piédestal, que Tout-ankk-amen est fils d’Aménophis n i .
Voici les quelques mots qui indiquent ce degré de parenté entre les deux pharaons : jU P

_______ j «le roi Tout-ankh-amen a restauré le monu­
ment de son père Aménopliis III, qu’il avait fait en monument de lui à son père Amon
de Karnak, à Toum d’Héliopolis et au dieu Lune».

Les cartouches de Tout-ankh-amen, exactement copiés par L e p s iu s , ont été, dans sa
publication, barrés de traits obliques, signes d’usure ou de martelage. De là, peut-être, le
peu d’importance qu’on a cru devoir attribuer aux indications généalogiques fournies par le
lion de Gebel Barkal. Lors d’un voyage à Londres, fait il y a bientôt dix ans, j ’ai examiné
soigneusement le monument et j ’ai pris un estampage des cartouches douteux. Ils sont un
peu abîmés, c’est vrai, mais le prénom et le nom de Tout-ankh-amen y sont si sûrement
reconnaissables que, si je les avais publiés moi-même, je n’aurais même pas, je l’avoue,
tant la lecture en est indiscutable, songé à les recouvrir de traits obliques.

L’histoire des successeurs d’Aménophis III, déjà embrouillée par elle-même, semble
avoir été, comme à plaisir, compliquée davantage par les égyptologues. La nationalité de Tii,
l’origine d’Aménophis IV restent objets de doute pour bien des gens, la question de Titi-Tii
est toujours discutée, les chairs rosées de l’élégante princesse Ramesside tournent encore
quelques têtes et les rayons maniformes d’Aten viennent, comme dans les bas-reliefs, brocher
sur le tout. Je compte revenir sous peu sur ce sujet ; il m’a paru bon, en attendant, de rap­
peler qu’un document fort utile avait été négligé à tort.

P a r i s , 22 octobre 1889.

1) Ni Brugsch (Geschichte Aegyptens, p. 434—437), ni Wiedkmànn (Aegyptische Geschichte, p. 403—404),
ni Ed. Meyer (Geschichte des AUerthums, t. I, p. 273—274) ne connaissent la filiation de Toutankhamen.

2) L k e m a n s , Lettre à M. François Salvolini, p. 63—71 et pl. XII, n° 136.
3) L e p s i u s , Auswahl der wichtigsten Urkunden, pl. XIII.

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