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TitleSerpents, magie et hiéroglyphes
TagsAncient Egypt Horus Egyptian Hieroglyphs Snake
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Institut d’égyptologie François Daumas
UMR 5140 « Archéologie des Sociétés Méditerranéennes »

Cnrs – Université Paul Valéry (Montpellier III)










Serpents, magie et hiéroglyphes
Sydney H. Aufrère

















Citer cet article :

S. H. Aufrère, « Serpents, magie et hiéroglyphes », ENiM 6, 2013, p. 93-122.




ENiM – Une revue d’égyptologie sur internet est librement téléchargeable depuis le site
internet de l’équipe « Égypte nilotique et méditerranéenne » de l’UMR 5140, « Archéologie
des sociétés méditerranéennes » : http://recherche.univ-montp3.fr/egyptologie/enim/

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Serpents, magie et hiéroglyphes
Étude sur les noms d’ophidiens d’un ensemble de cippes d’Horus de Thèbes et

d’ailleurs (Époque libyenne) *


Sydney H. Aufrère
MMSH, centre Paul-Albert Février, UMR 6125




E MONDE des ophidiens 1 occupe une place prépondérante dans la magie égyptienne
jusqu’à l’époque copte 2. La présence des serpents, d’abord discrète dans
l’iconographie qui lui est relative, se poursuit, plus insistante, à l’époque tardive ; elle

culmine sous le règne de Nectanébo II avec la stèle de Metternich 3 qu’animent de
nombreuses silhouettes soit sous forme d’animaux isolés (réalistes ou hybrides), d’animaux

* Le présent texte, abrégé, a été présenté sous forme de communication au colloque international : « Écrire la
magie dans l’Antiquité », jeudi 13-samedi 15 octobre 2011 à l’Université de Liège, colloque édité par Magali de
Haro-Sanchez.
1 Sur les Ophidiens en Égypte ancienne, voir principalement S. SAUNERON, Un traité égyptien d’ophiologie.
Papyrus du Brooklyn Museum Nos. 47.218.48 et 85, BiGen 11, Le Caire, 1989 ; Chr. LEITZ, Die
Schlangennamen in die Ägyptischen und grieschichen Giftbüchern, Mayence, 1997. Paru récemment, le livre de
P. Brix (Étude de la faune ophidienne de l’Égypte ancienne I. Généralités sur les Ophidiens ; II. les
monographies ophidiennes, Paris, 2010) apporte une documentation des plus intéressantes sur le monde
ophiologique égyptien. Voir aussi S.H. AUFRÈRE, « Symptomatologie des morsures d’ophidiens d’après le
papyrus Brooklyn nos 47.218.48 et 85 : aspects épistémologiques d’un texte égyptien ancien recopié au IVe siècle
avant notre ère », dans S. Barbara, J. Trinquier (éd.), Ophiaka, Paris, 2012, p. 223-261 ; id., Les serpents de
l’Égypte ancienne. Descriptions ophiologiques et symptomatologie des morsures dans le Papyrus Brooklyn Nos.
47.218.48 et 85 (à paraître) ; id., « Le chersydre de Nicandre et l’hydre d’Ésope et d’Élien », dans A. Gasse,
Fr. Servajean, Chr. Thiers (éd.), Et in Aegypto et ad Ægyptum. Recueil d’études dédiées à Jean-Claude
Grenier I, CENiM 5, Montpellier, 2012, p. 53-64. L’ouvrage de J.-Cl. Goyon (Le recueil de prophylaxie contre
les agressions des animaux venimeux du Musée de Brooklyn [Papyrus Wilbour 47.218.138], SPR 5, Wiesbaden,
2012) est désormais incontournable. La consultation du petit guide de Sh. BAHA ED DIN, Guide to the Reptiles
and Amphibians of Egypt, Le Caire, New York, 2006, est indispensable. Concernant la magie, la bibliographie
jusqu’en novembre 2007 figure dans un document accessible sur le Web : Literaturdatei „Magie“ und
performatives Handeln (http://www.aefkw.uni-hd.de/medien/magie_bibliographie.pdf), s. v. Bibliographie
„Altägyptische Magie“. Sur les « démons » en Égypte ancienne, voir le site de K. Szpakowski, L. Lucarelli et
P. Kousilis : http://www.demonthings.com (réf. Fr. Rouffet).
2 Des séquences traditionnelles de la magie égyptienne sont encore perceptibles à l’époque copte :
S.H. AUFRÈRE, « Au sujet de ms. Copte Ifao 1, 7r 34-37. Chénouté : rêves, démon et psychanalyse », dans
A. Boud’hors, C. Louis (éd.), Études coptes 11. Treizième journée d’études (Marseille, 7-9 juin 2007), CBC 17,
Paris, 2009, p. 1-17. Les Coptes sont les héritiers des connaissances ophiologiques des Égyptiens ; cf. id., « Une
description naturaliste de Naja nigricollis nigricollis (Naja à col noir) chez Chénouté (ms. Ifao copte I, 10v21-
11v44 », dans A. Boud’hors, C. Louis (éd.), Études coptes X. Douzièmes journées d’Études (Lyon, 19-21 mai
2005) (= CBC 16), Paris, 2008, p. 215-228.
3 Vl. GOLENISCHEFF, Die Metternich-stele in der Originalgrosse, Leipzig, 1877 ; C. SANDER-HANSEN, Die Texte
der Metternichstele, AnAeg 7, Copenhague, 1956. Voir l’étude de H. STERNBERG EL-HOTABI, « Die
Götterdarstellungen der Metternichstele. Ein Neuansatz zu ihrer Interpretation als Elemente eines

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présence du n’est probablement pas une marque de génitivation. Ainsi, il conviendrait de
dissocier les noms (A 1) et (A 6). Cela étant dit, on est tenté de rapprocher
ce nom du verbe , bš, « cracher » 82, ce qui induit une possibilité de serpents cracheurs
attestés en Égypte : Naja nubiae WUSTER et BROADLEY, 2003 83, sans compter avec Naja
nigricollis nigricollis, REINHARDT, 1843, qui n’est pas présent dans la basse vallée du Nil
proprement dite. Les autres Élapidés égyptiens (Naja haje haje, LINNAEUS, 1758 ;
Walterinnesia aegyptia, LATASTE, 1887) ne crachent pas. (L’animal doit disposer de crochets
adaptés, fendus en avant, afin de propulser du venin dans les yeux de l’importun à quelques
trois mètres de distance.) Le papyrus ophiologique de Brooklyn (§ 57 et 69) fait état de soin
destiné à soigner pg“s n ḥf nb, « (le) crachat de tout serpent », sans pour autant faire état du
mécanisme de propulsion du venin, qui devait relever de l’observation quotidienne. Les
risques d’une rencontre malencontreuse avec un de ces Élapidés cracheurs sont décrits avec
un luxe de détails au IVe siècle de notre ère par l’archimandrite Chénouté 84. Ne peut-on voir
dans ce nom générique un des aspects du serpent : « le cracheur » pour désigner les Élapidés
cracheurs que chacun encourait le risque de rencontrer sur sa route ? Toutefois, en acceptant
le fait que b‡tj évoquerait l’idée d’un cobra cracheur, ce nom ne permet pas d’identifier une
espèce. Il se réfère beaucoup plus probablement à l’expulsion sous pression du mélange de
venin et de salive, traduisant un danger spécifique.
D. On note la présence d’une graphie dans la stèle de Boston (F 2)

85, que je n’ai pas
retrouvée chez Leitz. Un serpent est nommé au Papyrus ophiologique de Brooklyn 86.
Plutôt que de songer à une erreur, ne peut-on parler d’une graphie dialectalisée telle que Ḥr-
dš(r), « serpent (femelle) (cf. ḥf“.t > S jbw) rouge (cf. Ḥr-dš(r) > Ἑρτωσι) 87 » ?
Un jeu de mots entre Ìf et Ìb est déjà attesté dans TP, § 681d : « Le serpent, fête du fils du
phallus » (Ìf“w Ìb s“ Ìnn). Le mot pour « fête » (Ìb), en copte, est l’homophone S jbw 88. En
copte, la couleur rouge est twrÒ, mais tout laisse à penser qu’il existait une forme *twÒ. La
présence du ḥ initial, quoique détaché des trois autres signes, empêche un rapprochement avec
le nom du serpent précédent. L’idée d’un serpent de couleur rouge est attestée dans Ìnp-d‡r,
« le serpent Ìnp rouge » cité deux fois au Papyrus de Brooklyn 89.

E. Attesté une seule fois dans notre contexte, le nom du serpent (A 7) paraît
associé à un verbe de mouvement, , n©, « naviguer », mais aussi « se déplacer (sur
terre) » 90. On voit sous le déterminatif des jambes le signe d’une vipère à cornes 91, ce qui
militerait éventuellement pour un déterminatif, auquel cas il serait permis de songer à un nom
donné à Cerastes cerastes LINNAEUS 1758, que l’on peut rapporter, par analogie, à un taureau


82 Wb I, 477, 14. Une expression « cracher du feu » est attestée à la XXIIe dynastie (ibid. 478, 2).
83 Sh. BAHA ED DIN, Reptiles and Amphibians, p. 280-281, fig. 110.
84 S.H. AUFRÈRE, « Naja nigricollis nigricollis (Naja à col noir) ». Voir aussi M. MURRAY, « The serpent
Hieroglyph », JEA 34, 1948, p. 117-118.
85 Ce dernier n’est pas mentionné en tant que bdš en LGG II.
86 S. SAUNERON, Traité d’ophiologie, § 54 ; p. 161.
87 Wb V, 489, 7.
88 CRUM 656a.
89 S. SAUNERON, op. cit., § 24, 31 et p. 154.
90 Wb II, 206, 11-12.
91 Contrairement aux autres silhouettes de serpents, qui forment trois ondulations ( ), la queue part vers
l’arrière comme s’il s’agissait d’un serpent plat, de sort qu’il n’y a pas de doute, puisqu’il ressemble exactement
à la silhouette du f de Ìf“w.

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en raison de ses cornes, soit pour un suffixe tel que : n©≠f. Le problème de cette identification
est qu’il existe une notice concernant Cerastes cerastes LINNAEUS 1758 au Papyrus
ophiologique et que, dans ce cas, on se retrouverait avec deux noms correspondant à la même
espèce. Toujours est-il que cette possibilité n’est pas exclue dans la mesure où deux noms
permettraient de distinguer des espèces propres à des aires différentes ou avec des
mimétismes différents. Mais le serpent représenté sous ce nom ne fait pas penser à un céraste
et dans ce cas, ne vaut-il pas mieux penser à une appellation telle que k“-n©≠f, car la vipère à
cornes a un nom spécifique en égyptien : fj-ßr-db.wj, « la vipère porteuse de cornes »
(cf. infra, p. 117, n. [i]).

Présente-t-il des analogies avec le serpent , k“-n©j du Papyrus ophiologique 92 ?
Cela est possible, en dépit de l’absence, dans ce nom, de la paire de jambes, qui détermine le
verbe de mouvement. Malheureusement, ce serpent, si son nom est attesté au Papyrus de
Brooklyn, sa notice est perdue ; toujours est-il que sa morsure n’était pas mortelle puisqu’on
envisage de la soigner. (Seules les morsures des serpents qui ne sont pas mortels font l’objet
d’un soin dans la seconde partie du Papyrus ophiologique.) La problématique de ce serpent
k“-n©j est complexe car son nom, dans le domaine magique, renvoie-t-il à la combinaison de
deux entités : un serpent k“ et un serpent n©j ? (Un serpent k“ est mentionné en lien avec un
serpent sƒÌ aux Textes des Pyramides et aux Textes des Sarcophages 93 ; quant au serpent n©j,
on le trouve dans les mêmes textes 94, voir aussi infra). Toutefois, il est difficile, en l’état des
sources, de donner une cohésion à cette théorie en sorte qu’il est préférable d’admettre
l’hypothèse de l’existence d’un serpent à part entière nommé k“-n©j attesté à partir de l’époque
tardive en médecine et dans les textes religieux où un serpent ainsi nommé est au moins
attesté trois fois à Edfou. Dans l’une des occurrences, les génies Ouded (Agathodaimon)
« gardent S.t-Wnp du serpent k“-n©j, assainissent BÌd.t du serpent s≈f.t et rendent indésirable
(ƒw) le serpent bÚ dans la Place-de-Rê » 95. (Ces trois serpents, qui correspondent à des
espèces dont on veut protéger le temple, sont mentionnés dans le Papyrus ophiologique 96, ce
qui montre que les domaines des Sciences naturelles et de la mythologie 97 peuvent être
perméables l’un à l’autre, à moins qu’il s’agisse uniquement d’espèces d’Ophidiens.) Au
terme de ce bref examen, il est possible que la présence du serpent k“-n©j sur la stèle magique
« Černý » serait plutôt constitutive d’une légende relative aux morsures subies par Horus, à
laquelle il est fait allusion dans un passage de la statue Tyeskiewicz (Louvre 10777, lignes
51-52), où le serpent k“-n©j est mis en parallèle avec le scorpion ƒ“r.t :


PsÌ wr jn k“-n©j ; psÌ wr jn ƒ“r.t.


92 S. SAUNERON, op. cit., § 14 et § 57. Il n’est pas répertorié par P. WILSON, Ptolemaic Lexicon. Il est assimilé à
un Élapidé venimeux par S. SAUNERON, op. cit., p. 147-148. Ce dernier cite l’exemple de la stèle « Hamza ».
93 PT § 430 et 2254a ; CT VII, 94 s, v ; 98, f (Cl. CARRIER, Textes des Sarcophages, p. 1906-1907, 1910-1911) ;
S. SAUNERON, Traité d’ophiologie, p. 147 (toute la démonstration de Sauneron, qui repose sur la notion de k“ =
mâle, est réfutable).
94 TP § 225a ; CT VII, 97 g (Cl. CARRIER, op. cit., p. 1908-1909).
95 Edfou IV, 128, 7 (il s’agit-là de noms de serpents que l’on retrouve dans le Papyrus ophiologique de Brooklyn)
et Edfou VI, 151, 10. On évitera ici de le comparer avec le serpent k“-sƒÌ des Textes des Pyramides (§ 430) ou
dans les Textes des Sarcophages (CT VII, Spell 885, f, l et r-s). Voir aussi, sur le nom de ce serpent, LGG VII,
261b. Le LGG ne donne pas la graphie du nom de cet ophidien dans la stèle Černý. Voir aussi Edfou VII, 270, 1.
96 S. SAUNERON, Traité d’ophiologie, § 14 et § 57 (k“-n©j) ; § 79b ; 80b, p. 162-163 (serpent bÚ.t) ; § 46a ; 50a ;
161 (s≈tf).
97 H. GYÖRY, « Interaction of Magic and Science in Ancient Egyptian Medicine », p. 276-283.

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SAUNERON (S.), « Le nouveau sphinx composite du Brooklyn Museum et le rôle du dieu Toutou-
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SAUNERON (S.), Le papyrus magique illustré de Brooklyn [Brooklyn Museum 47.218.156], New York,
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SCOTT (N.E.), « The Metternich Stela », BMMA 9/8, 1951, p. 201-217.

SEELE (K.C.), « Horus on the Crocodiles », JNES 6/1, 1947, p. 43-52.

STERNBERG EL-HOTABI H., « Die Götterdarstellungen der Metternichstele. Ein Neuansatz zu ihrer
Interpretation als Elemente eines Kontinuitätsmodells », GM 97, 1987, p. 25-70.

STERNBERG EL-HOTABI (H.), « Horus-stele des Anhpachered, Sohn des Djedheriuefankh », SAK 16,
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STERNBERG EL-HOTABI (H.), Untersuchungen zur Überlieferungsgeschichte der Horusstelen. Ein
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TRAUNECKER (Cl.), « Une Chapelle de magie guérisseuse sur le parvis du temple de Mout à Karnak »,
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VON KÄNEL (Fr.), Les prêtres ouâb de Sekhmet et les conjurateurs de Serket, BEPHE 87, Paris, 1988.

WHITEHOUSE, (H.), « To Seal the Mouth of all Snakes », The Ashmolean 19, 1990-1991, p. 4-6.

ZAYED (M.S.), Les oiseaux de l’Égypte et du Proche-Orient, Le Caire, 2008.

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Résumé :


La présente communication traite d’un petit groupe de sept cippes d’Horus d’époque
libyenne, dont certains proviennent sûrement de Thèbes. À l’avant de la stèle, sur la plinthe,
sous l’habituelle représentation d’Horus en relief empoignant les animaux dangereux et
piétinant les crocodiles, s’étend une scène en deux dimensions. Elle évoque le dieu-adolescent
Ched-le-Sauveur montant un char lancé dans le désert, mené par un Bès-aurige, et dont
l’attelage – deux griffons monstrueux – culbute des crocodiles agressifs tandis que Ched
décoche des flèches sur un ensemble de bêtes nuisibles, notamment un nombre variable de
serpents longs (Élapidés et Colubridés) ou courts (Vipéridés). À ces serpents correspond un
éventail de noms magiques différents, quatorze au total. L’examen permet de conclure que
ces appellations se rapporteraient, plutôt qu’à des noms de serpents, à une diversité de dangers
spécifiques causés par les serpents que l’on souhaiterait conjurer en s’adressant au dieu. Il s’y
ajoute une série de remarques au sujet de la stèle du Musée Puskine I.1a.4492 (1899), qui, en
dépit de l’absence de scènes similaires à celles du groupe précédent, pourrait éclairer d’un
jour nouveau certaines croyances thébaines se rapportant aux serpents.

Abstract :

This paper deals with a small group of seven “Cippi of Horus” (dating from the « Libyan » epoch),
some of which surely come from Thebes. In front of the cippus, on the plinth and under the usual in
relief representation of Horus seizing dangerous animals and trampling on crocodiles, is reproduced a
scene in two dimensions. It evokes the adolescent god Shed-the-Saviour riding in a chariot driven at
full speed in the desert, led by Bes as a charioteer. The chariot is pulled by a team of two monstrous
griffins knocking aggressive crocodiles over while Shed shoots arrows at a set of dangerous animals,
including a variable number of long (Colubridae and Elapidae) or short snakes (Viperidae). Fourteen
different magic names are attached to these snakes. A close scrutiny of these names lead to the
conclusion that they refer more to the various specific dangers caused by snakebites which one would
wish to ward off by addressing the god, than to the names of the snakes per se. A series of remarks are
added to about the Puskin Museum stele I.1a.4492 (1899), which, despite the absence of similar
scenes to the previous ones, could shed new light on certain Theban beliefs relating to snakes.




ENiM – Une revue d’égyptologie sur internet.
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ISSN 2102-6629

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